L'hiver touche à sa fin. Les plaques de neige fondent en sous bois et on sent une bonne odeur de terre mouillée. Les premières primevères pointent leur nez jaune et on a l'impression que le renouveau s'annonce. Alors je laisse la fenêtre de la chambre ouverte pendant la nuit. A l'aube, dans les derniers brouillards je guette le premier chant de la grive musicienne. Pour moi c'est le véritable premier signe du printemps. Cela n'a rien à voir avec le gazouillis des oiseaux sédentaires. C'est un son, fort, éclatant, lancé du sommet d'un arbre. On le reconnaît car les strophes, pouvant être très différentes, sont répétées au moins deux fois. Je n'aime pas l'hiver et ce premier chant me remplit d'une joie incommensurable.
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